L'hôpital en France: responsables ou coupables ?

L'hôpital en France: responsables ou coupables ?

UNREAD_POSTpar Marianne G. » 03 Mar 2009

Coupables mais pas responsables !!!
(médecine hospitalière ou médecine libérale ?)


Mon histoire est assez longue, mais il m’a semblé utile de relater les faits principaux dont il ressort que j’ai été victime en un premier temps d’un laisser-aller avéré, suivi, à distance d’un an, par une assistance impropre, caractérisée par des erreurs de diagnostic et de traitement, couronnées par une désertion pure et simple du directeur d’ un établissement qui a omis de répondre à trois pages de questions précises, voire de donner suite à ma demande spécifique d’une consultation.
CET ENCHAINEMENT NE POUVAIT MANQUER DE ME RENDRE AVEUGLE A BREVE ECHEANCE ET EN TOUT ETAT DE CAUSE, IL A EU DES REPERCUSSIONS GRAVES SUR LA QUALITE DE MA VIE.
Je me suis astreinte à ne retenir ici que les détails indispensables.

Un an près une première consultation aux Quinze-Vingts qui m’a incitée à récuser le médecin qui m’avait reçue en raison de sa désinvolture, je me suis présentée un an plus tard à une consultation « de routine » La doctoresse s’est déclarée fort satisfaite de l’état de mes yeux, a couché par écrit que je ne suis pas atteinte de rétinopathie diabétique, affirmé qu’il n’y avait pas lieu de modifier la prescription de l’année précédente pour les lunettes et m’a proposé de revenir dans un an. Je lui ai alors signalé que j’avais fréquemment un voile devant les yeux le matin, qui tendait toutefois à disparaître dans le courant de la journée. Après avoir procédé à un examen un peu plus approfondi, elle m’a informée, sans préciser quoi que ce soit qu’il me fallait subir « un laser ». Lui ayant fait remarquer que je partais en voyage la semaine suivante, je lui ai demandé si je pouvais m’y soumettre après mon retour, non, il me fallait prendre rendez-vous pour le lendemain. C’est alors que j’ai demandé quelques détails. Pourquoi cette urgence ? Il fallait faire vite car je présentais une pression intraoculaire élevée. Quelle pression ?« 26 ». Mon passé professionnel m’avait appris que c’était effectivement élevé, aussi, j’étais prête à accepter l’intervention après avoir toutefois demandé quels en étaient les risques. Les risques étaient – et je cite – « à peu près nuls ».
C’est ainsi que j’ai accepté de subir cette opération de l'œil gauche après avoir tiré de cette doctoresse l’essentiel des informations nécessaires pour me former un consentement en définitive pas très éclairé.
Pour mon malheur, je lui ai fait confiance et j’ai signé le papier qui m’a été présenté, et qui signalait un risque de cataracte. M’étant entendu dire sans plus de détails que le risque était « à peu près nul », l’opération a été réalisée non par cette doctoresse, qui m’avait indiqué qu’elle lui incomberait, mais par une jeune personne que j’ai prise pour une infirmière ou assistante jusqu’à ce qu’elle commence à me bombarder.
Le laser n’a pas réduit la pression de l'œil gauche qui est montée jusqu’à 29, voire 30 – ce qui ne m’a jamais été signalé – bien que cela figure dans mon dossier médical que je n’ai pas vu à ce jour, malgré mes demandes réitérées.
On m’a donc prescrit des collyres, on a modifié la prescription, on a tardé pendant une semaine à me faire une ordonnance que j’ai réclamée à deux reprises après avoir perdu le premier flacon en voyage. Sur mon insistance, la doctoresse m’a enfin téléphoné, me proposant de me présenter à sa consultation le lendemain, et je lui ai alors fait remarquer que ma vision avait baissé d’au moins 3/10 à quoi elle a répondu qu’on n’y pouvait rien et que les lunettes plus fortes que je lui réclamais n’auraient aucun effet, que l’on essayait de me garder ce qui me restait, me recommandant de bien instiller les collyres.
De consultation en consultation sans la moindre amélioration de la pression intraoculaire et avec une vision de plus en plus dégradée et qui, 40 jours après l’intervention laser, était réduite à 2/10 après correction alors qu’elle était au départ de 10/10. On a parlé à plusieurs reprises de l’intervention laser sur l’autre œil, que la doctoresse repousse à chaque fois sans jamais entreprendre le moindre traitement, à ma surprise maintes fois exprimée. Elle finit par me prescrire un champ visuel !!! qui confirme la nécessité du laser.

C’est alors que je décide d’écouter un autre son de cloche, car enfin le traitement de mon œil gauche m’avait rendue mal voyante sur cet œil, qu’allait-il advenir de l’autre, jamais traité ?

Après avoir quitté ce lieu j’ai eu alors la bonne fortune de tomber entre les mains de M. le Dr Marc Timsit, à qui j’ai donc confié le soin de mes yeux. Il m’a rendu la vue de l’œil gauche et conservé celle de l’œil droit.
Il m’a fallu subir trois lourdes opérations et une quatrième, apparemment bénigne, m’attend encore.

Après mon entrevue avec lui, j’envoyais au directeur des Quinze-Vingts un exposé dont j’extrais les paragraphes qui font suite. « La consultation auprès de lui s’est déroulée … avec le résultat sans appel qu’il y a eu erreur de diagnostic, je souffrais non d’un glaucome aigu à angle fermé mais d’un glaucome chronique à angle ouvert, qui a évolué pendant plusieurs années sans avoir été dépisté, notamment lors de ma visite aux Quinze-Vingts en juin 2007. L’iridectomie, opération au laser effectuée sur l'œil gauche, ne pouvait avoir aucun effet et constituait une intervention superflue, sinon néfaste. L’iridectomie au laser sur l’œil droit était, de même, sans objet.
Par ailleurs, la dégradation de la vision sur l’œil gauche devait bien évidemment être prise en charge autrement que par l’affirmation qu’on n’y peut rien et que changer de lunettes ne peut pas me rendre la vision perdue.

Suivaient trois pages de questions auxquelles le directeur n’a pas cru, à ce jour, devoir répondre.
Il m’apparaît que la mauvaise qualité des soins ainsi évoqués relève de la violation des articles R.4127-9, 4127-32, 4127-33, 4127-40 et 4127-71 du Code de la Santé publique (CSP), que je reproduis ci après et que, en particulier, le directeur de l’établissement devrait répondre du délit de non-assistance à personne en péril. En effet, lui même et les subordonnés dont il a la responsabilité ont violé, à des degrés divers, chacun de ces articles. En premier lieu, le chef d’établissement, à qui je soumettais un problème grave et urgent, et que j’avais qualifié comme tel dans mon exposé, n’a rien entrepris, ce » qui constitue une violation de l’Article 9 (article R.4127-9 du Code de la Santé Publique)
Tout médecin qui se trouve en présence d'un malade ou d'un blessé en péril ou, informé qu'un malade ou un blessé est en péril, doit lui porter assistance ou s'assurer qu'il reçoit les soins nécessaires.
Chacun des intervenants a violé l’Article 32 (article R.4127-32 du Code de la Santé Publique) :Dès lors qu'il accepte de répondre à une demande, le médecin s'engage à assurer personnellement au patient des soins consciencieux, dévoués et fondés sur les données acquises de la science, en faisant appel, s'il y a lieu, à l'aide de tiers compétents.
Le médecin qui m’a vue en 2007 et sa consœur, qui m’a suivie, si l’on peut dire, en 2008, n’ont pas respecté l’Article 33 (article R.4127-33 du Code de la Santé Publique)
Le médecin doit toujours élaborer son diagnostic avec le plus grand soin, en y consacrant le temps nécessaire, en s'aidant dans toute la mesure du possible des méthodes scientifiques les mieux adaptées et, s'il y a lieu, de concours appropriés.
De même, avant de me faire subir l’iridectomie, il aurait fallu méditer l’ Article 40 (article R.4127-40 du Code de la Santé Publique) : Le médecin doit s'interdire, dans les investigations et interventions qu'il pratique comme dans les thérapeutiques qu'il prescrit, de faire courir au patient un risque injustifié.
J’ai par ailleurs fait remarquer au directeur que, à ma connaissance, les instruments, voire les mains, n’ont jamais été lavés ou autrement nettoyés, ce qui relève de l’Article 71 (article R.4127-71 du Code de la Santé Publique) : Le médecin doit disposer, au lieu de son exercice professionnel, d'une installation convenable, de locaux adéquats pour permettre le respect du secret professionnel et de moyens techniques suffisants en rapport avec la nature des actes qu'il pratique ou de la population qu'il prend en charge.
Il doit notamment veiller à la stérilisation et à la décontamination des dispositifs médicaux qu'il utilise et à l'élimination des déchets médicaux selon les procédures réglementaires.
Il ne doit pas exercer sa profession dans les conditions qui puissent compromettre la qualité des soins et des actes médicaux ou la sécurité des personnes examinées.
Il doit veiller à la compétence des personnes qui lui apportent leur concours.
A propos de ce dernier point, il est bien évident que le travail à la chaîne à laquelle était astreinte cette doctoresse n’y est pas propice.

J’ajouterai que la loi de 2002, relative à l’information des malades est restée lettre morte dans mon cas. C’est ainsi que j’apprenais du Médiateur des Quinze-Vingts, qui a souhaité me voir plus de cinq mois après l’envoi de mon exposé au directeur, que le médecin qui m’avait vue en 2007 avait diagnostiqué une exfoliation capsulaire. Or on ne m’en a pas fait part et on n’a pris aucune mesure, telle une invitation à faire surveiller cette lésion. De même, il a fallu tirer de la doctoresse toutes les informations dont j’étais en mesure de connaître l’importance et le mot de glaucome n’a jamais été prononcé !!! avant mon rendez-vous pour le champ visuel. A ma connaissance, je souffrais simplement d’une pression élevée. Et un personnage qui est venu m’examiner aux lieu et place de la doctoresse, n’a pas prononcé un seul mot pendant tout l’examen et s’est permis de m’apostropher alors que je lui demandais s’il allait me mettre des gouttes. Selon lui, mon attitude était tout à fait anormale. N’avais-je donc pas confiance ?
Mon dossier médical m’apparaît spécieux en tout état de cause puisqu’on me crédite d’une vison de 6/10 alors que trois jours plus tard , elle était de 2/10 auprès du centre d’investigations de la sécurité sociale.

N’importe qui, à ma place, pourrait songer à demander réparation de huit mois de souffrances, après être tombée dans le piège d’un hôpital réputé.

Il est incontestable que j’y ai subi une intervention inutile, que celle-ci a accéléré la cataracte , il est aussi incontestable, selon les propres dires du médiateur, que j’ai été mal informée et il est très plausible qu’une prise en charge plus précoce de ce glaucome chronique aurait pu m’éviter la lourde série de trois opérations très délicates. Il est incontestable que la perspective de devenir aveugle a eu un impact sur la qualité de ma vie, et que le fait de ne pas pouvoir conduire ma voiture pendant plusieurs mois, faute d’y voir assez clair, ne m’a pas facilité la vie quotidienne.

Pourtant, je ne vais rien entreprendre car je ne peux guère espérer obtenir le moindre dédommagement.
Comme me l’avait signalé un médecin, président d’une association de victimes, il ne fallait rien entreprendre pour restaurer ma vue, car je me privais alors de tout espoir de dédommagement !!!. Le médiateur n’a pas dit autre chose, en affirmant que l’on n’obtient rien si l’invalidité n’atteint pas 25%. Selon lui, j’aurais pu attaquer la doctoresse au civil, chose que je me refuse à envisager car on n’en fera pas un meilleur médecin en la traînant en justice. C’était à la tête qu’il fallait pouvoir agir, en apprenant au directeur que traiter les malades comme il le fait, par le mépris le plus total, balayant mon exposé d’un revers de la main en se bornant à charger son secrétariat de parler d’ »incident », c’est contre lui qu’il fallait pouvoir porter plainte pour non-assistance à personne en péril. A mon âge et en ma qualité de retraitée, je n’ai pas les moyens de m’offrir une procédure, et j’ai appris que se lancer dans les causes perdues d’avances est trop douloureux pour que, en l’occurrence, le jeu en vaille la chandelle.

Il me reste la possibilité de faire connaître ce qu’il y a d’inéquitable à soigner les malades en fonction de la chance qu’ils ont, ou n’ont pas, de tomber sur un médecin consciencieux. Et c’est mon propos aujourd’hui.
Marianne G.
 
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