ORGELET - CHALAZION - TRAITEMENT

Marc Timsit ORGELET - CHALAZION

Stratégie thérapeutique en cas de chalazion récidivant - Marc Timsit

Voir aussi http://www.ophtalmologie.fr/operation-myopie/operation-chalazion-t2854.html

C'est un cas de figure classique en matière de chalazion :

- Il faut essayer d'abord une pommade cortisonée une dizaine de jours. Elle peut faire diminuer le chalazion mais pas le faire disparaître complètement.
- Si l'aspect reste alors inesthétique il faut inciser le chalazion, généralement par l'intérieur de la paupière et tout disparaît. Cela peut être fait au cabinet ou en clinique.
- Si on attend quelques mois ou si la première opération n'a pas totalement retiré le kyste, se forme une fibrose qui nécessite une ré-opération au bloc opératoire, sous microscope chirurgical pour disséquer et exciser la totalité du kyste qui est devenu dur et adhérent aux tissus. Ce geste nécessite alors une certaine expérience sinon on aura l'impression que l'opération n'a pas réussi.
Cela peut aussi être réalisé au laser au cabinet si le chalazion est externe.

Il faudra ensuite traiter une blépharite chronique pour éviter les récidives

 

Orgelets et chalazions « J’ai un bouton sur la paupière »

1 Je questionne 

•Précisez le trouble « depuis combien de temps avez-vous ce problème? », « Est-ce la première fois? », « Avez-vous d’autres symptômes (généraux ou oculaires)? », « Avez-vous déjà essayé un traitement ? », « Est-ce basé sur un cil ? »

•Recherchez certaines critères: « voyez-vous correctement ? », « Est-ce très douloureux ? », « la lumière vous gêne-t-elle ? », « Avez-vous subi un traumatisme ou une intervention ophtalmologique récemment? » permet de déterminer l’urgence ophtalmique

•Recherchez d’éventuels facteurs favorisants: « Portez-vous des lentilles? », « Souffrez-vous de pathologies ? » car certaines pathologies peuvent favoriser les infections comme le diabète mal équilibré, une immunodépression... « Prenez-vous d’autres traitements par voie oculaire (corticothérapie locale…) ? »

2 J’évalue :

L’orgelet et le chalazion sont des tuméfactions bénignes des paupières.

•Vérifier l’absence de critère(s) d’urgence : traumatisme, forte douleur, baisse brutale de l’acuité visuelle, l’apparition d’éclairs lumineux et/ ou de voile noir (signes de décollement de la rétine), photophobie et/ou hyperhémie plus marquée autour de l’iris (traduit une atteinte sévère du segment antérieur de l’œil). Si un ou plusieurs de ces critères sont présents, orienter le patient vers un ophtalmologue en urgence.

• les orgelets simples, récents (moins d’une semaine) et non récidivants peuvent être pris en charge à l’officine. En revanche, en cas de récidive et/ou de sujets à risque une consultation médicale sera nécessaire afin d’instaurer un traitement antibiotique.

• Face à un chalazion, plus complexe à prendre en charge et qui a souvent tendance à tendre vers un enkystement, il est généralement recommandé d’orienter le patient vers un médecin, d’autant plus si le chalazion est gros et récidivant. « Le traitement médical est efficace dans les premiers jours » «Souvent, après seulement une semaine, le chalazion est déjà enkysté, donc le traitement doit être rapide ».

Le RDV ne présentant pas de caractère d’urgence, des conseils peuvent néanmoins être prodigués en attendant la consultation.

le médecin généraliste peut suffire pour la première prescription. En revanche, en cas de persistance des symptômes malgré un traitement bien suivi, le patient devra consulter un spécialiste pour, éventuellement, un geste chirurgical.

3 Je passe en revue :

Que le patient présente un orgelet ou un chalazion, le conseil officinal se révèle assez proche application de chaleur sur les paupières suivi d’un lavage oculaire et de collyre antiseptique.

Application de chaleur sur les paupières

• Chalazion : C’est le principal conseil à donner à l’officine face à un chalazion, en attendant la consultation médicale. Cela permet d’aider à la fluidification et au drainage de la glande obstruée. « C’est le conseil le plus efficace et le moins dangereux que l’officinal peut donner ».

Le nodule se trouvant à distance du bord libre de la paupière, il est parfois recommandé au patient d’effectuer un massage léger de la paupière afin d’aider à l’évacuation des composés lipidiques, préalablement ramollis par la chaleur vers les orifices présents sur le bord libre de la paupière. Mais le Dr Elmaleh déconseille cette recommandation à l’officine «Le chalazion pourrait être infecté. Or masser un abcès n’est pas à conseiller». Dr Timsit, chirurgien ophtalmologiste et rédacteur du site www.ophtalmologie.fr ajoute « Honnêtement, vouloir extraire la graisse d’un chalazion par le massage est illusoire. Non seulement ce n’est pas vraiment efficace mais en plus, c’est douloureux pour le patient. Le massage sera surtout recommandé en prévention chez des patients faisant des chalazions à répétitions ».

•Orgelet : Même si l’orgelet disparait spontanément en quelques jours dans la majorité des cas, l’application de chaleur peut parfois permettre d’accélérer la guérison lorsque l’orgelet est « mûr », c‘est à dire purulent, en favorisant l’évacuation du pus. Cette méthode a pour but d’accélèrer la guérison et d’apporter par la même occasion un soulagement au patient. « Ensuite, on peut essayer de faire sortir le pus en pressant légèrement dessus mais à condition de bien nettoyer l’œil par la suite » préconise le Dr Marc Timsit. «Par contre, si l’orgelet n’est pas mûr, cela ne servira pas beaucoup….».

Les lavages oculaires : le lavage permet non seulement de nettoyer l’œil des débris éventuels (pus, sébum, etc.), mais également de réduire la population infectieuse (bactéries, virus, champignons) par une action purement mécanique.

Le lavage peut être réalisé avec du sérum physiologique ou avec une solution de lavage oculaire (solutions boratées et/ou salicylées) légèrement antiseptique et astringent.

Ciella, Optrex, Dacryum, Dacryoserum, Dacudoses, …sont quelques exemples de solutions de lavage oculaire.

Les antiseptiques Biocidan, Desomédine, Vitabact, Novoptine…

•Ils sont généralement suffisants dans les infections superficielles de l’œil et de ses annexes.

Ils ont pour but de contenir l’infection ou de prévenir une surinfection.

•Généralement bien tolérés, ils peuvent éventuellement être responsable d’irritations voir, rarement, d’allergies. Ils ne doivent pas être utilisés sur le long cours

• Leur utilité est néanmoins mise en doute par le Dr Timsit « Je ne suis pas sûr que cela soit efficace. Un staphylocoque (orgelet), on ne peut pas le traiter avec un antiseptique. Et un chalazion, c’est inflammatoire. Donc on peut conseiller les collyres antiseptiques pour faire patienter les gens, en attendant leur consultation, mais il ne faut pas qu’ils s’attendent à un miracle »

4 Je choisis :

•Selon la clinique : Si l’orgelet est purulent, on peut recommander l’application de chaleur. Sinon, cela n’est pas nécessaire. Pour le chalazion, l’application de chaleur est toujours recommandée.

•Selon la praticité : Plusieurs méthodes permettent l’application de chaleur sur les paupières : des compresses (non obligatoirement stériles), un gant/linge de toilette propre ou, quand le problème est récurent (patient sujet aux blépharites chroniques), des masques chauffants à mettre au microonde. Ils conservent la chaleur plus longtemps et leur utilisation plus aisée.

Ex : THERAPEARL® de Bausch + Lomb ; Blephasteam® de chez Thea

•La composition: Préférer une solution de lavage oculaire contenant un léger antiseptique, plus complet.

•La présentation : les présentations unidoses sont à préférer, moins à risque de contamination.

5 J’explique

Application de chaleur :

• Imbiber d’eau chaude, mais pas brulante, une compresse (pas forcément stérile) ou un linge propre (un gant par exemple). L’appliquer sur les paupières, œil fermé, pendant une dizaine de minutes. Afin de garder la chaleur, il est recommandé de repasser régulièrement le support sous l’eau chaude.

• A faire 2 à 4 fois par jour

• Suivre les recommandations du fabricant pour les masques chauffants

Gouttes oculaires : (lavage et collyre)

•Réaliser le lavage oculaire directement par jet, en retournant le flacon et en appuyant légèrement dessus. Ne pas mettre en contact l'embout du flacon avec la surface de l'œil ou les paupières. Essuyer l'excédent avec une compresse ou du coton hydrophile.

•Respecter idéalement un intervalle de 15 minutes entre l’administration de 2 collyres

•Bien respecter les posologies (généralement 3 à 6 fois par jour), les durées de traitement et les modalités de conservation de chaque traitement.

6 Je conseille

Rappeler les règles d’hygiène pour éviter toute surinfection ou propagation de l’infection : Bien se laver les mains avant les soins, …

Eviter d’y toucher : Ne pas percer le nodule, ne pas se frotter l’œil ni toucher à l’orgelet pour éviter sa propagation.

Eviter de se maquiller pendant la durée du traitement.

Eviter le port de lentilles pendant le traitement. « Dans le cas du chalazion, qui est inflammatoire, le patient pourra les remettre une fois le problème résolu. Par contre, dans le cas d’un orgelet où il existe un contexte infectieux, il vaut mieux que le patient change de lentille » explique le Dr Timsit. En profiter pour rappeler également les règles d’hygiène associées au port des lentilles : lavage des mains avant la pose, ne pas les rincer sous l’eau, etc.

En l’absence d’amélioration de l’orgelet dans les 2 à 3 jours qui suivent le début du traitement, consulter un ophtalmologue ou le médecin généraliste, selon les disponibilités.

7 Le contexte :

L’orgelet (aussi appelé « compère loriot » en raison de sa ressemblance avec un grain d’orge) correspond à l’infection d’un follicule pilosébacé situé à la base d’un cil, le plus souvent par des staphylocoques.

Le chalazion est une tuméfaction inflammatoire bénigne liée à l’obstruction d’une ou plusieurs glandes de Meibomius. Le sébum, irritant, ne pouvant plus être évacué, s’accumule dans la paupière et entraîne une réaction inflammatoire. 
Clinique : Au départ, les deux affections présentent des symptômes assez proches : rougeur de la paupière, œdème, douleur, tuméfaction…ce qui rend parfois leur distinction compliquée.

Par la suite, le chalazion se développe à distance du bord libre de la paupière et peut, selon les cas, se présenter plutôt vers l’intérieur de l’œil (du côté conjonctival) ou vers l’extérieur de l’œil (du côté cutané). La tuméfaction devient ensuite généralement indolore, L’orgelet, quant à lui, se développe sur le bord de la paupière, au niveau d’un cil et reste sensible au toucher. Un point blanchâtre rempli de pus peut se développer au centre de l’orgelet puis se rompre spontanément en 2 à 4 jours ce qui soulage généralement le patient.

Evolution : Les deux affections peuvent régresser spontanément. Mais alors que l’orgelet évolue généralement favorablement en quelques jours en l’absence de traitement, le chalazion nécessite quelques semaines voir quelques mois. De plus, ce dernier est à risque d’infection et/ou d’enkystement.

Les glandes de Meibomius sont des glandes sébacées situées dans les paupières. Elles sont au nombre de 25 à 30. Elles sécrètent une substance lipidique (meibum) s’intégrant aux larmes pour éviter leur évaporation au contact de l’air. Leur contenu se déverse par des orifices se trouvant sur le bord libre des paupières.

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